En France, la communication des professionnels de santé est encadrée par des règles strictes. Méconnaître ces règles peut exposer un médecin ou un thérapeute à des sanctions disciplinaires. Voici ce que vous devez savoir pour communiquer légalement et efficacement.
Le cadre légal de la communication médicale en France
Le Code de déontologie médicale (intégré dans le Code de la santé publique) et les règles de l’Ordre des médecins encadrent strictement la publicité pour les professionnels de santé. La règle de base : la communication est autorisée, mais la publicité commerciale agressive est interdite.
Ce qui est autorisé
Le site internet professionnel
Un médecin peut avoir un site internet professionnel présentant ses qualifications, ses spécialités, ses conditions de consultation, ses coordonnées et ses horaires. Le contenu doit être informatif et non publicitaire.
Les annuaires professionnels
Être référencé sur Doctolib, Medecin.fr, Docndoc ou l’annuaire de l’Ordre des médecins est parfaitement légal. Ces plateformes permettent aux patients de vous trouver et de prendre rendez-vous.
La presse professionnelle et les réseaux de pairs
Publier des articles dans des revues médicales, intervenir dans des conférences ou partager votre expertise sur LinkedIn (de façon professionnelle) est non seulement autorisé mais valorisé.
Ce qui est interdit ou très encadré
La publicité commerciale directe
Les spots publicitaires, les campagnes Google Ads vantant vos « tarifs imbattables » ou les messages promotionnels (« Consultation à -20% ce mois-ci ») sont formellement interdits pour les médecins.
Les comparaisons et superlatives
« Meilleur chirurgien de Paris », « Numéro 1 en cardiologie » — tout ce qui est de nature à induire une concurrence déloyale ou à tromper le patient est interdit.
Le témoignage de patients
Les avis et témoignages de patients sont dans une zone grise complexe. Si les avis Google sont difficiles à contrôler et généralement tolérés, les témoignages mis en avant de façon promotionnelle sur votre site restent problématiques au regard du Code de déontologie.
Le cas des thérapeutes non conventionnels
Pour les naturopathes, ostéopathes, acupuncteurs et autres praticiens des médecines complémentaires dont la profession n’est pas réglementée par l’Ordre des médecins, les règles sont différentes. La communication commerciale est globalement plus libre, mais reste soumise au droit commun de la publicité et à l’interdiction des allégations de santé non autorisées.
Conclusion : communiquer oui, mais avec discernement
La règle d’or : informez, ne vantez pas. Un site clair, une présence sur les annuaires médicaux reconnus, du contenu de qualité sur votre expertise — voilà une communication médicale efficace ET conforme. En cas de doute, consultez le département juridique de votre ordre professionnel.